Archives de catégorie : divers

Quentin au Pays de la BD !

Pour sa 22ème édition, le concours de BD Hippocampe a l’honneur de voir participer un illustre résident du Foyer Soleil ! Ce concours, parrainé par le festival d’Angoulême, invite des jeunes et adultes en situation de handicap à prendre le crayon, réel ou virtuel, et de s’exprimer en bandes dessinées sur une thématique posée (https://www.hippocampe-culture.fr/).

Cette année, crise climatique et Covid occupant le devant de l’actualité planétaire, le thème est évident :« la Terre perd la boule… » !

Ni une, ni deux, notre auteur fétiche a employé son temps libre, imposé par le premier confinement, à mettre en bulles un personnage nommé « Terre »… Sur fond d’humour caustique et farfelu Quentin fait passer le message suivant : « on fait n’importe quoi ! »

En exclusivité inter-planétaire, il a accepté de dévoiler son travail qu’il vous présente ici :

Le Comité de Rédaction novembre 2020

Les Machines de l’Île

Déjà, il faisait beau, mais ce n’était pas la canicule heureusement. Première impression, et de taille, c’est grand !!!

L’éléphant, immense et immobile, attendait, que les visiteurs grimpent dans son ventre. Malheureusement, on ne put y monter à plusieurs en fauteuils. Cela n’empêcha pas ce géant pachyderme mécanique de nous arroser de sa trompe !


Par la suite, nous avons croisé le chemin d’un vieux coucou, d’une araignée géante, et de la branche gigantesque d’un arbre en construction !!!…

Nathalie, Françoise et Quentin. Juillet 2020

Le départ de Thierry (ou un AMP en balade…) 

Merci encore pour toutes ces années passées avec nous ! Que d’émotions ressenties (rires, joie, tristesse…) lors de cette mémorable journée qui fut ta dernière ici au Foyer.

Pour l’occasion, nous avions mis les petits plats dans les grands ! La haie d’honneur de rigueur, le tapis rouge prêté par le Festival de Cannes, le buffet fait maison bien garni, les punch’s de Marie, et les hommages au cinéma, à la photo, au journal…

Bonne continuation à toi sur des nouveaux chemins !

Le Comité de Rédac’ juillet 2020

Paroles de confinés

Depuis plusieurs semaines maintenant, le Foyer Soleil et ses résidents vivent au rythme du confinement. Malgré les difficultés et restrictions qu’il implique, nous nous efforçons de rendre ce moment le moins pénible possible. Aussi, les résidents peuvent, à tour de rôle, prendre l’air sur la terrasse et siroter un café (comme dirait un de nos résidents : « au moins, la cafetière n’a pas attrapé le virus ! ») ou se balader dans le quartier accompagnés d’un professionnel

Mais la plus grande force se trouve dans ce que les résidents eux-mêmes mettent en œuvre : à qui reprend le pinceau, le crayon, le clavier, à qui profite de relire la collection complète d’Astérix et Obélix ou de s’enfiler des pavés entiers de 500 pages (au moins), à qui apprécie de recevoir la blague quotidienne de son père ou de reprendre le contact avec des proches éloignés, à qui créé sa chaîne Youtube, alimente joyeusement les réseaux sociaux et découvre les richesses du streaming, à qui, à qui, à qui… à elles, à eux, donc, qui, tant bien que mal, continuent de vivre malgré le confinement.

Xavier M mai 2020

Malgré le confinement, le moral est resté bon, j’ai essayé de sortir des bêtises et de rigoler pour oublier le temps sans la visite de mes parents et les balades dans le quartier. Tous les jours je téléphonais à ma famille qui m’encourageait à garder la forme en attendant que la situation aille vers le mieux. Cette période n’a pas été trop difficile, j’ai été entouré par le personnel du Foyer Soleil qui m’a soutenu, j’ai essayé de le leur rendre à ma façon avec mes sourires et ma bonne humeur.

A partir de début juin, les proches sont autorisés à nous visiter dans nos studios, j’espère que par la suite nous n’allons pas connaître cette même situation… ça m’a tout de même manqué de ne pas voir les copains et de participer aux activités.

Franck M. juin 2020

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40 ans : l’âge de raison

le Foyer Soleil a mis les petits plats dans les grands pour fêter, à sa manière, ses 40 ans d’existence. Ouvert le 3 septembre 1979, ce Foyer atypique accueillait 15 résidents et une dizaine de locataires valides dans l’immeuble du 26 rue de kersabiec à Lorient. En 1996, faute de locaux et faisant face à une demande croissante de places en institution, l’AIPSH (Association d’Insertion des Personnes en Situation de Handicap) récupère les studios des locataires valides et crée 10 places supplémentaires en hébergement. En 2009, 10 places d’Accueil de Jour complètent le dispositif. En 2013, la Mutualité 29/56 prend le relais de l’AIPSH et rapidement se pose la question d’un agrandissement avec la construction d’un futur foyer, ayant une capacité d’accueil plus importante. Ce projet est actuellement en cours de réflexion, le lieu se situe à Lanester au cœur du quartier de Keraliguen. C’est dans ce contexte, que nous avons fêté, le 22 octobre dernier les 40 ans du Foyer Soleil.

Les responsables de la Mutualité 29/56 : Alain Yven Président de la Mutualité, Nathalie Croiger Directrice des Activités handicap et Vanessa Lambert Directrice du Foyer Soleil et de la Villa Soleil, ainsi que Alain Planson Directeur du Foyer Soleil de 1979 à 2004, ont évoqué les valeurs et les missions du Foyer Soleil, au travers de son histoire et des évolutions futures.
Le collectif Solar a enchaîné avec des extraits de son spectacle, qui fut très apprécié à la Scène Ouverte qui s’est tenue au début du mois d’octobre. Bien que serrés dans la cafèt’, les artistes ont apporté toute leur énergie et ont fait bouger l’assistance.
Nous nous sommes ensuite déployés dans la salle de restaurant où un excellent « apéro dînatoire » nous attendait. Le groupe Myriades a assuré l’animation, et fait sensation pendant toute la soirée. Nous avons dansé toute la nuit, nous avons chanté, ri, peut-être pleuré… beaucoup de joie, une ambiance du tonnerre, de l’émotion lorsque le gros gâteau d’anniversaire a fait son entrée, du plaisir de se retrouver, du bonheur d’être ensemble… il faudrait encore de nombreux qualificatifs pour évoquer cette soirée très marquante et qui restera longtemps dans nos mémoires.
Bravo le Foyer Soleil.

Le Comité de Rédac’ décembre 2019/janvier 2020

Le futur du Foyer Soleil ?

En 2009, l’équipe de rédac’ écrivait dans l’édito du spécial anniversaire, le numéro 16 du Canard Ensoleillé, qui paraissait à cette époque en version papier :

« Le foyer a 30 ans ! 30 ans déjà, Le canard n’a pas loupé ce rendez-vous incontournable de la jet-set de la rue de Kersabiec, qui a eu lieu par un bel après-midi de septembre. Les acteurs qui ont marqué la vie du foyer vont vous faire revivre ce moment festif, avec un zest de nostalgie, et un regard porté vers l’avenir. Les bougies ont été soufflées, on se promet de garder le cap contre vents et marées, et si on se donnait rendez- vous dans 10 ans, même jour, même heure, même port, on verra quand on aura 40 ans…  Mais comment résumer trente ans d’existence… en s’adressant tout simplement aux témoins de cette histoire unique et originale… » Nous avons posé alors une seule question : Que représente pour vous le Foyer soleil ?

On s’est donné rendez-vous 10 ans après, presque à la même date et à la même heure, avec le regard tourné vers l’avenir et une autre question, que nous avons soumis à Madame Lambert, directrice du Foyer Soleil et de la Villa Soleil, à Xavier, personnel soignant et bien sûr à Nathalie, résidente au Foyer Soleil : Comment envisagez-vous le futur du Foyer Soleil ?

Le Comité de Rédac’ décembre 2019/janvier 2020

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L’arrangeur au grand cœur

Marc Gauvin et Julien

Marc Gauvin a accompagné les résidents et le personnel dans l’aventure du Collectif solar, qui a donné naissance à un CD et un spectacle à l’Océanis lors de la Scène Ouverte. Pour mieux connaître ce musicien, j’ai échangé avec lui sur sa passion et son métier.

Bonjour Marc, merci de m’accorder cet entretien. Comment as-tu connu le Foyer Soleil, et comment t’est venu l’idée de ce projet ?

J’ai déjà fait des interventions dans le milieu scolaire, dans des hôpitaux et des maisons de retraite. J’ai travaillé avec Madame Lambert, qui était directrice d’une maison pour personnes âgées, où j’avais fait un CD avec les résidents et un spectacle. C’est ainsi qu’elle m’a proposé de venir au Foyer Soleil et il est vrai que, lorsque je suis venu ici la première fois pour vous rencontrer lors d’un atelier théâtre, j’ai tout de suite compris qu’on allait faire des choses très chouettes.

Je sais que tu as travaillé avec des stars, avec Portishead notamment, qu’est-ce qui t’a donné l’envie et l’idée de travailler avec des amateurs ?  

Ce qui m’intéresse surtout c’est de travailler avec des gens qui ont quelque chose à dire, amateur ou professionnel peu importe. Je dois dire qu’il y a certains professionnels qui n’ont pas grand-chose à dire et puis il n’y a pas beaucoup d’émotion a véhiculer… donc ça ne m’intéresse pas tellement. Tandis que, lorsque je travaille avec des gens qui n’ont pas l’habitude, il y a une fraîcheur, une envie et un culot aussi, il y a une belle énergie. En tant qu’artiste c’est la création et l’émotion qui me touchent, ce n’est pas le niveau technique qui n’a pas vraiment d’intérêt pour moi.

Depuis combien de temps animes-tu ces ateliers ?

Depuis très très longtemps… Je fais de la musique depuis toujours et je fais ce genre d’atelier depuis une dizaine d’années.

On a fait dernièrement une vidéo pour promouvoir la poursuite du projet et j’espère que l’aventure va se renouveler. Tous les résidents ont trouvé cette rencontre et cet atelier très intéressants et tous les résidents ont encore beaucoup de choses à dire. Je te remercie Marc d’avoir répondu à mes questions.

Merci Julien, et je veux juste rajouter que cette expérience aussi m’a permis de rencontrer des amis que j’aimerais revoir pour un nouveau projet également. À bientôt Julien.

Julien P. février 2020

L’affaire Patrick Henry

Robert Badinter lors du procès de Patrick Henry

En 1976, l’affaire Patrick Henry commence.
Patrick Henry est accusé d’avoir enlevé et assassiné Philippe Bertrand, alors âgé de sept ans. Il est défendu par Robert Badinter, un ténor du barreau, assisté par Robert Bocquillon.
Peu avant son arrestation, interviewé par la télévision, il affirmait qu’il était pour la peine de mort pour les assassins d’enfants… alors qu’il a été reconnu coupable.

Photo prise le 18 janvier 1977 de Patrick Henry (lunette) dans le box des accusés et de son défenseur Me Robert Badinter (1er plan) -STF-AFP

Grâce à son avocat Robert Badinter, Patrick Henry échappe à la peine capitale. Comment a-t’il pu trouver les bonnes phrases pour sa plaidoirie et sauver la tête de son client. La profession d’avocat est très difficile, il faut savoir convaincre à tous prix les jurés et la cour. J’imagine l’émotion de l’avocat au moment de plaider.
Le 23 juin Robert Badinter devient Ministre de la Justice après l’élection de François Mitterrand. Il obtient l’’abolition de la peine de mort le 9 octobre 1981.

Robert Badinter défend l’abolition de la peine de mort en septembre 1981 (©MaxPPP)

L’affaire Patrick Henry est le premier fait divers que j’ai suivi, comme un feuilleton avec de nombreux rebondissements . Les avocats de la défense, Robert Bocquillon et Robert Badinter, ont dû trouver des arguments pour défendre un grand criminel comme Patrick Henry, qui a assassiné le petit Philippe Bertrand en 1976. Je m’intéresse au métier d’avocat qui m’a toujours attiré, c’est une profession que j’aurais voulu exercer, je suis toujours sensible à la justice. Pouvoir défendre l’indéfendable…

Martial M. Janvier 2020

Il mio viaggio in Italia (Mon voyage en Italie)

Monument à Victor-Emmanuel II

Je suis parti en vacances en Italie au mois d’octobre, accompagné par Stéphane, que j’ai rencontré lors de séjours en montagne. L’Italie m’a toujours fait rêver, la beauté du pays, son architecture, son histoire, sa douceur de vivre, ses habitants hauts en couleur et sa gastronomie. Notre « road tripe » a commencé par Bologne, ville étape avant la capitale Rome, puis Florence berceau de la renaissance et Pise avec sa fameuse tour. Nous avons visité beaucoup de lieux magnifiques : des musées, des églises et monuments religieux, des places et jardins, des moments antiques et les studios de Cinecittà… il est difficile pour moi de choisir, tant il y a à voir et à admirer. J’ai été submergé par des vagues de beauté.

Bien que la chronologie ne soit pas respectée, je vais dire un petit mot sur l’étape florentine, une ville plus calme que la bouillante Rome. Florence est un musée à ciel ouvert, il y a toujours une découverte à faire à chaque détour d’une rue pour peu qu’on soit aventureux. Vous l’avez compris Florence est une ville merveilleuse. Nous avons visité la « Cattedrale Santa Maria del Fiore ou Duomo » avec ses peintures monumentales sur ses murs et sa coupole, flâné dans le célèbre jardin Boboli remarquable pour la valeur historique de sa collection de sculptures romaines et florentines, puis enjambé le fleuve Arno sur le très célèbre « Vecchio », emblème de la ville de Florence, cet ouvrage à la particularité d’être habité. Il abrite des magasins de joailleries et des bijouteries.

Trivoli, un autre lieu remarquable qui a marqué ce voyage en Italie. Situé non loin de Rome, Trivoli est rendu célèbre par l’empereur Hadrien (IIe siècle) qui fit son lieu de villégiature, et également grâce à ses eaux thermales réputées. Le parc abritant la villa d’Este, est un modèle de jardin d’eau. La promenade dans ses allées, bien que pentues, est incomparable avec d’autres jardins que j’ai pu visiter. Nous nous sommes baladés au gré de nos envies toute une après midi dans ces paysages magnifiques, des surprises à chaque point de vue, les fontaines sont spectaculaires, la verdure apaisante et fraîche, certainement très appréciée lors de chaudes journées d’été.

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Destination Jamaïque au Quai 9 à Lanester, le 26 juin 2019.

Notre équipage est heureux de vous accueillir pour « Destination Jamaïque ». Embarquement immédiat au Quai 9…

le 26 juin à 15 heures, les passagers pour la Destination Jamaïque, se sont rassemblés dans le grand hall du quai 9, à Lanester, pour assister à la représentation de la pièce mise en scène par les «Filles» de l’ADJ et jouée par les utilisateurs de l’ADJ et les résidents du Foyer Soleil.

Une salle comble (et climatisée) a accueilli cette troupe de théâtre, prête à tout donner pour faire décoller les spectateurs vers des aventures extraordinaires.

« Ce projet m’a donné le plaisir de jouer le rôle du serveur de l’hôtel du Jamaïque club. La scène du quai 9 est grande, quand j’étais sur scène, je pensais aux spectateurs qui sont venus nous voir. J’ai été touché par mes camarades qui malgré leur difficultés ont réussi à jouer leur rôle et faire vivre la pièce. » Franck

« l’installation sur scène, le bus en carton, l’estrade pour être visible, le micro, la cigarette électronique, que de bons souvenirs, et de tout ce travail en amont que les gens n’ont pas vu… J’ai encore ce moment, où le public est présent, qui m’encourage à faire ma scène et qui en redemande : « yo, man »… un sincère merci aux Filles. » Françoise

«Il me reste des moments de joie et du travail avant. J’ai eu un doute avant. Est-ce qu’ils vont tous arriver à jouer ? La magie a opéré et tout s’est bien passé pour tout le monde. J’ai encore joué un rôle de femme, la deuxième fois (Les voisins 2014), j’aime bien me déguiser. Merci à vous les filles et aux autres. » Quentin

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Collectif Solard sur la scène ouverte…

Un grande première, le collectif solard s’est produit en « live » sur la scène de l’Océanis à Plœmeur, accompagné par Marc Gauvin, arrangeur, et musicien du projet. Pour chacun de nous, cette expérience fuEn tout 11 des 12 morceaux ont été interprétés par les différents artistes qui figurent sur l’album. Les retours ont été très positifs, et l’expérience sera renouvelée à l’occasion de la soirée des 40 ans du Foyer soleil. t très enrichissante. En effet, le personnel a pris part avec grand plaisir et enthousiasme au travail de composition et de réalisation des différentes chansons. Chacun a pu exprimer ses idées aux travers des textes, de la musique et de son interprétation sur scène.

Valérie & Gwendal TOUS LES MATINS  : Tous les matins le bonheur, le soleil brille c’est merveilleux 

« En pensant au foyer, on voulait apporter un message positif, le matin on se lève, il faut toujours avoir la pêche pour passer une bonne journée même si c’est quelques fois difficile… » Valérie P.

Julien & Julie FAUTEUIL DE ROI : Je suis riche aux jeux des différences…

« Ce texte je l’ai écrit il y a 10 ans, après un concert au foyer de Minority Record. J’avais parlé avec le groupe et leur ai demandé d’écrire un texte sur le handicap, ils m’ont répondu : pourquoi tu ne le ferais pas ? tu connais le handicap mieux que personne. La différence n’est pas un frein mais une force.» Julien P.

Christophe, Julie, Samira & Amina FATHIA  : Je vois sur un tapis Persan, les pieds déchaussés aux musiques d’Orient…

« Fathia est une chanson d’amour que j’ai écrit pour une fille qui compte beaucoup pour moi et qui m’a fait beaucoup rêver.» Christophe LS.

Françoise J LA MER : C’est la mer qui m’a sauvée …

« C’est comme cela que ça s’est passé, ce texte est mon histoire, et je vis depuis trente trois ans ainsi. » Françoise J.

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Hola Cataluña !

Le projet est né d’une envie de voyager. Barcelone est une destination idéale pour le soleil bien sûr, la culture, l’architecture, et pour sa douceur, mais surtout pour vivre une aventure commune hors de nos murs et des frontières de l’hexagone.

Après un voyage de deux jours avec une halte à Agen, nous avons pris nos quartiers à l’appart hôlel Mics st Jond, logements adaptés pour les personnes «con discapacidad », situé dans le quartier d’affaire de Gràcia, banlieue chic de Barcelone.

Christophe, Roxane, Julien, Lucie et Carole…

La première journée a été consacrée au repos, nous avons fait une incursion dans la ville en fin d’après-midi. Chaque jour était une aventure, rien de prévu à l’avance, sauf quelques sites emblématiques comme la Sagrada Familia, les Ramblas et la visite du parc Güell.

Le premier soir, attablés en terrasse et profitant de la douceur de la soirée, une grosse pluie d’orage nous a surpris : « la Bretagne nous poursuit ! » s’exclame Christophe. La pluie ne cessant pas, nous rencontrons Alba, habitante du quartier qui nous propose son aide et celles de ses amis pour nous abriter dans le bar, séparé de la terrasse par une grosse marche. Alba parlant un peu français, a sympathisé avec nous, nous avons échangé sur notre projet dans la capitale catalane. Ce fut le début de nombreuses et chaleureuses rencontres…

L’accessibilité du métro est un atout important pour circuler de façon autonome dans cette grande ville. Les places réservées pour les « handi » sont quasiment toutes nominatives, il ne restait plus que le parking pour les camping-cars et les bus pour garer notre fourgon, une véritable mission avec notre pilote Roxane tout devient réalisable.

Au cours de nos balades, nous avons eu loisir de goûter aux spécialités locales. La paella tout d’abord, n’a rien à voir avec celle que je prends chez « Paquito » au marché de keryado, avec un riz savoureux et parfumé, servie dans un grand plat. Les incontournables tapas, au poisson, au jambon coupé en tranches fines, au fromage et à l’huile d’olive, accompagnent l’apéro. La traditionnelle sangria aux fruits marinés dans du vin rouge de pays, servie très frais c’est tout simplement délicieux. Les empanadas, sorte de chaussons garnis de légumes, de viande ou autres, les croquetas fait de boulettes de viande panée, les churros ressemblant à nos chichis des fêtes foraines. Barcelone ne manque pas de ressources gastronomiques que nous avons bien appréciées.

Nos balades ne nous ont pas conduits qu’aux restaurants et aux terrasses des bars. Nous avons découvert les richesses culturelles de la ville. Le Parc Güell réalisation de l’architecte catalan Antoni Gaudí, domine une partie de la ville. Très reposant, la fraîcheur de la végétation rend la balade fort agréable. L’architecture est étonnante, très colorée par les mosaïques mais aussi massive par les gros blocs de pierre qui font l’assise des terrasses et des bâtisses. La mythique Sagrada Familia nous a laissés sans voix… impressionnante par la force que cet édifice dégage, les différentes époques architecturales s’entrechoquent mais en même se complètent. Commencée en 1891 sous la direction de Antoni Gaudí, la cathédrale n’est toujours pas achevée, financée que par l’aumône et les dons à l’exclusion de tout fonds publics, la majorité des donateurs est anonyme et les montants inconnus. Fan de foot, je n’ai pas pu résister à l’appel du Barça. En effet une boutique du club fait face à la Sagrada, j’ai profité de cette opportunité pour m’acheter une casquette bienvenue sous le soleil catalan… l’immense marché de la Boqueria sur les Ramblas, plein de couleurs et de bonnes odeurs donne envie de tout goûter, la grande plage de Barcelone déroule son long ruban de sable blond. En soirée, les lumières du casino nous ont appelés. Nous avons tenté notre chance aux bandits manchots et à la roulette… faites vos jeux, rien ne va plus, malheureusement nous n’avons rien gagné.

Vacances ensoleillées et parenthèse enchantée… Ces mots résument notre séjour en Espagne. Mais aussi détente, bonne humeur, vie de bohème, se laissant porter par l’improvisation du moment. Hasta pronto Barcolona.

Julien P. octobre 2019

Doisneau, un œil malicieux…

Photo :Christian Louis 1979

Le musée des beaux arts de Quimper a organisé cet hiver une rétrospective, en 130 clichés, consacrée à l’œuvre de Doisneau. Le parcours se décline en trois étapes : la beauté du quotidien de Paris et de sa banlieue, Palm Springs des années 1960, se clôturant sur une vingtaine de photos prises en Bretagne.

Notre guide nous conduit vers les photos en noir et blanc mettant en image des personnages toujours pris sur le vif. On y apprend aussi, que pour des commandes ou pour des clichés plus connus  (Le Baiser de l’hôtel de ville), Doisneau faisait appel à des comédiens et figurants, afin d’obtenir la photo qu’il avait imaginée.

J’ai été étonnée par ses réalisations en couleurs. Pour moi ce photographe est synonyme de noir/blanc. Le reportage réalisé pour le magazine Fortune, Palm Springs 1960, Robert Doisneau utilise alors la pellicule couleurs : « pour restituer l’atmosphère factice de cette oasis en plein cœur du désert du Colorado pour riches retraités américains. ».

Le clin d’œil sur la Bretagne est aussi très intéressant. Les explications lors de la visite guidée permettent de voir des détails qui pourraient nous échapper.

Les images de Robert Doisneau m’ont fait entrer dans son univers fait de petites histoires, d’anecdotes, souvent empreintes d’humour et de poésie, mais également de nostalgie, d’ironie et de tendresse.

Nathalie M.

mai 2019

Christian Louis1979

Marie, prend le large…

Marie est entrée au Foyer Soleil un 3 septembre 1979, près de quarante ans plus tard, elle nous offrait une soirée grandiose, qui marque la fin de son parcours au 26 de la rue de Kersabiec. Sur le thème de la mer, sa grande passion, elle nous a embarquée dans un décor fait de voiles, de balises d’entrée de port, le tout mis en valeur par des éclairages…

Cirés, et perruques rouges…

Une chorégraphie (très improvisée) sur une chanson de marins interprétée par Jean-Jacques Mel accompagné à la guitare par Jacques le Gleuher, et repris en chœur par toute l’assistance, a lancé la soirée. A l’image de la couleur des cheveux bien reconnaissables de Marie, les invités ont voulu s’associer à ce trait de sa personnalité, en arborant une perruque rouge, ou en amenant une touche de cette même nuance sur leurs vêtements. Après les discours d’usage, où l’exercice a consisté à passer 40 ans d’une carrière bien remplie en revue, place au buffet…

Marie entourée par ses collègues de son début de carrière…

Parmi les invités, des anciens membres du personnel, très émus de revenir dans ces locaux où ils ont fait une partie de leur carrière, à qui visiblement, le Foyer Soleil a laissé des souvenirs heureux.

Des résidents très émus…

La fête s’est étirée doucement, les discussions allaient bon train, les anecdotes ressurgissent avec plaisir, la musique et les chansons ont accompagné nos souvenirs avec la Grande…

Merci pour cette soirée très réussie, nous te souhaitons bon vent dans tes projets, et nous aurons toujours un grand plaisir de te revoir.

Le comité de Rédac

avril 2019

Mi ange, mi démon…

Corinne, tu disais que la vie est fragile comme une boule de cristal… elle s’est brisée en ce début d’année, en plein cœur de l’hiver, laissant un grand vide et un grand silence. C ‘est vrai que tous les résidents savaient quand tu étais au foyer. Du bruit tu en faisais : tu parlais fort, tu riais de bon cœur, le son de ta télé au max, tu criais aussi quand ça ne marchait pas comme tu le souhaitais… Ton caractère affirmé faisait des étincelles qui pouvaient parfois provoquer un incendie. Alors il fallait l’éteindre, et la vie reprenait son cours.

Tu avais, avant tout, un grand cœur, une générosité débordante, toujours à t’inquiéter des autres même si parfois tu les envoyais sur les roses.

Tu venais nous rendre visite au journal régulièrement, tu t’informais de l’avancée de notre travail. Tu as d’ailleurs participé plusieurs fois à l’écriture d’articles dont Vivre sans rein (2014), Un livre, pour faire bouger ? (2015) dont est tiré cet extrait :« Pour moi être avec les autres, leur rendre service, les faire rire, c’est vivre et profiter de la vie, et surtout de ne pas rester seul entre quatre murs. C’est ma façon de m’identifier à une « mascotte », pour qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un de généreux. ».

Toujours à fond, mettant ton grain de sel dans les conversations des autres, passant de table en table au restaurant comme pour faire ton marché des derniers potins, ta vie était surtout rythmée par les séances de dialyse, trois fois par semaine, d’où ces derniers temps, tu revenais souvent fatiguée. Cela ne t’empêchait pas, après un peu de repos, de venir à la Cordée mettre un peu d’ambiance, boire le café, manger des « fraises Tagada » avec Éliane et toute l’équipe que tu avais plaisir à retrouver.

Des choses tu en as faites, tu n’avais peur de rien, et les projets faisaient partie de ton ADN. Tu as été gardienne de foot fauteuil au club des Albatros, tu as nagé avec les dauphins à Antibes, tu as participé avec l’association aux Idées Détournées à Lorient, tu as été en séjour au foyer des Albisias à Ajaccio en Corse, tu es montée sur les planches avec l’ADJ, tu as écrit « ton » livre : « Moi, Corinne, la mascotte » aidé par Danielle Thomas (animatrice d’ateliers d’écriture) sur ta vie et surtout pour faire changer le regard des valides sur les handicapés, d’ailleurs tu avais presque fini le deuxième tome…

Tu appréciais particulièrement les sorties avec les résidents du Foyer : assister aux concerts, le dernier en juin 2018 Calogero au Zénith à Nantes, les bonnes « bouffes » au restaurant , les balades au bord de mer, boire un pot le week-end à la Base, les cavalcades de Scaër, de Guémené/Scorff ton fief familial…

En début d’année, tu as voulu marquer les 20 ans de ton arrivée au Foyer Soleil. On a trinqué ensemble à cet événement, on ne savait pas que c’était la dernière fois qu’on riait ensemble, on ne savait pas que c’était la dernière fois qu’on était heureux ensemble…

« Peut-être que j’aurais eu une belle vie si je n’avais pas été handicapée, si j’avais été valide. J’aurais fait toutes ces choses que les gens peuvent faire. Cependant je pense avoir une belle vie malgré mes problèmes, et j’ai l’intention de rester vivante le plus longtemps possible… » (Moi, Corinne, la mascotte)

Corinne, tu resteras vivante dans nos cœur et nos pensées…

Ronan LB, Valérie P, Christophe R & Yoann LM.Janvier 2019

Salut le Poitou/Charente, on arrive !

Les derniers préparatifs de notre projet Futuroscope sont bouclés : les bagages, l’intendance, les réservations confirmées… Bref, nous sommes prêts à partir. Avec Charline, Françoise J, Nathalie, Sébastien et Olivier accompagnés de Laurianne, Lucie et Julie, nous avons pris la route par une belle matinée de mai, pour la région Poitou/Charente, avec au programme, une escale au Futuroscope et une autre à l’île de Ré.image 01Après quelques heures de route dans la bonne humeur, nous arrivons au gîte de Surgères qui sera notre quartier général pendant notre séjour, idéalement placé entre le parc d’attraction et l’île aux roses trémières. La découverte de notre nouvel espace de vie nous conforte, bien adapté avec un environnement extérieur agréable. Les 3 chambres sont distribuées rapidement : une pour les garçons une autre pour les filles et la troisième pour nos accompagnatrices. Chacun a mis la main à la pâte pour la préparation de notre premier repas commun : une quiche lorraine… 
Le lendemain cap vers l’aventure sous un soleil radieux. La première attraction testée par notre bande d’intrépides, le cinéma 4 D qui nous a transportés au cœur de la « Vienne dynamique » : sièges animés, effets de vitesse, eau, vent…cette attraction propose un voyage touristique décapant et plein d’humour… Après un pique-nique revigorant, nous avons poursuivi, pour les plus courageux, avec la Gyrotour,  qui est un observatoire circulaire qui s’élève à 45 mètres au-dessus du sol, pour profiter d’un panorama exceptionnel sur l’ensemble du site du Futuroscope et de la campagne environnante. Puis en voiture… avec Sébastien Loeb, 9 fois Champion du Monde des Rallyes. Bien calés dans leur siège baquet dynamique, Olivier et Sébastien ainsi que Françoise, Laurianne et Julie ont expérimenté la conduite sportive, équipés de casque de réalité virtuelle… Espérons que les deux gars, emportés par leur élan ne mettront pas en application la conduite explosive du Champion du Monde des Rallyes…  

Tout en confiance, profitant du soleil de ce mois de mai, un très gros orage s’est soudainement invité, en déversant son lot de grêlons, de pluie et d’éclairs et surtout provoquant de violentes bourrasques de vent qui rendaient malheureusement impossible toute poursuite de la visite. Suite à cet aléa météo, le parc a fermé ses portes. Un peu déçus d’avoir écourté notre journée, nous sommes rentrés au gîte, avec malgré tout, un grand sourire…  Après la pluie vient le beau temps !
En effet, l’adage n’a pas menti. Le lendemain un soleil éclatant est au rendez-vous, cap sur Ré la blanche… Les paysages maritimes, les plages de sable blanc plongeant dans les eaux turquoise, les maisons blanches avec des volets bleus ou verts, le phare des baleines, le Bois de Trousse-Chemise , chanté par Charles Aznavour… nous avons finalement fait une halte à Saint-Martin en Ré, petit port de pêche, pour profiter de la douceur du climat, du ciel bleu azur et de l’ambiance avec déjà un air de vacances. Journée relax avec restaurant le midi et flânerie dans les rues de Saint Martin, ponctuée de petites emplettes, nous avions surtout besoin de nous protéger du soleil et l’achat de chapeaux nous était indispensable…   image 02Le retour fut joyeux avec un arrêt Mac-Do à Nantes, qui n’a pas manqué de réjouir toute notre petite troupe. Nous sommes tous prêts à repartir, nous avons d’ailleurs des projets plein la tête. Se retrouver hors du Foyer et de son quotidien permet de construire d’autres rapports entre nous, nous apporte une bouffée d’air, un dépaysement et créer de ces bons moments de nombreux souvenirs.  
Merci aux filles qui nous ont accompagnés durant ce séjour…

Nathalie M.
octobre 2018

Au gars Thierry…

Thierry tu es descendu de Poullaouen, perché sur tes Menez Du, pour venir t’installer ici dans le sud, à Lorient, à l’occasion de l’agrandissement du Foyer Soleil en 1996. Tu t’es familiarisé avec la ville, toi le gars de la campagne. Tu as exploré ses quartiers, et défriché les moindres recoins de ses rues et ruelles. Attentif à tout, plus rien de la ville n’avait de secret pour toi. Tu connaissais les histoires, et les curiosités de chacunes d’entre elles. Tu en as dressé une géographie utile à nos déplacements en fauteuil, avec les raccourcis, les accès faciles ou au contraire à éviter, les sites en travaux, les chantiers futurs…

Thierry, je n’oublierai jamais les balades que nous faisions ensemble. C’était ta façon de partager avec bienveillance, de transmettre tes connaissances et tes observations du terrain, de faire confiance, un peu comme un éclaireur qui guide les pionniers dans la plaine du grand Ouest. Tout ce que nous avons fait ensemble me permet de voler de mes propres ailes, d’être plus libre, et c’est à mon tour maintenant de transmettre aux autres ce que tu m’as appris.

Thierry, combien de fois n’avons-nous pas été déçus par les performances du FCL… tu as été pendant de nombreuses années, avant leur installation au centre de Kerlir, un fidèle aux entraînements du club lorsqu’il se déroulaient au stade du Moustoir. Tu avais une proximité amicale avec une bonne partie des joueurs de l’équipe, que tu interpellais, lors des rencontres, par leur prénom suivi d’un qualificatif chaleureux : « Bien le gros Audar… »…

On y retournait quand même, sans rechigner, dans notre tribune fétiche, nous y avions nos habitudes, c’est là aussi que nous avons connu les plus belles heures de Lorient. Animés par la passion, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il fasse froid, nous étions des fidèles supporters. Tu nous « bichonnais » avec tes pique-niques « premium » : café chaud en hiver, boissons fraîches aux beaux jours, apéro, saucisson… que de bons moments passés ensemble.

Thierry, tu m’avais surnommé ton « Padawan »… c’est vrai que dès mon entrée au Foyer Soleil en janvier 2006, tu m’as pris sous ton aile, comme un grand frère attentionné, souhaitant m’accompagner pour que je sois plus indépendant dans la vie, dans la ville, me donnant des clefs pour mieux avancer dans la société.

Thierry, j’aurais encore tant de choses à te dire, c’est vrai qu’on a traîné un peu à écrire ces quelques mots pour toi, peut être pour te garder encore un peu auprès de nous. Je sais que tu aimais que les choses se fassent séance tenante, la rigueur et le tempérament entier qui sont tiens auraient fait des étincelles. D’ailleurs, tu n’hésitais pas à aller porter la voix des résidents au conseil de la vie social ou auprès de la direction, argumentant nos revendications avec ténacité et pragmatisme. Ta franchise pouvait aussi te jouer des tours. Des paroles étaient alors lancées, pouvant blesser tel un projectile, ton caractère d’homme fier t’interdisait de faire demi tour.

Thierry, tu resteras dans nos mémoires et dans nos cœurs, comme un homme épris de liberté, avec un charisme et une grande personnalité, qui n’a eu de cesse de faire entendre un peu plus fort et un peu plus haut notre parole, qui a trop souvent bien peu d’écho. C’est à nous maintenant de suivre le sillon que tu as tracé, d’y mettre de l’énergie pour continuer ton travail dans le dialogue et la passion tout en restant vigilants.

Pour conclure je laisse le mot de la fin à « Voisin » qui dans son éloquence légendaire résume à merveille notre état d’esprit à nous tous, ici au Foyer : « tu nous manques, tu nous manques, tu nous manques…»

Julien P.

décembre 2018

Je n’aurais jamais imaginé écrire ces quelques mots pour toi dans ces circonstances. Toi qui paraissais si fort, assis dans ton fauteuil, droit comme un I, le crane rasé et la barbe soignée, tel un colosse de la mythologie, tu en imposais… Tu m’as toujours impressionnée, peut-être que tu en jouais. On a eu parfois des mots piquants, mais je tenais sincèrement à t’accompagner, comme d’autres, une dernière fois sur tes terres, pour te témoigner ma tendresse. J’ai encore une fois beaucoup pleuré, ce qui avait, je le sais, le don de t ‘énerver….

Françoise J

Lorsque tu étais alité, j’allais souvent te voir, et nous discutions de choses et d’autres, de foot bien sûr, des « exploits » du FCL, des potins du foyer, du passé… Nous passions alors de bons moments ensemble. Ton départ nous a tous pris de court. Au printemps tu allais mieux et je me souviens encore de t’avoir croisé sur la place de la Liberté à Keryado, en mai dernier, avec ta longue barbe et ton légendaire chapeau, tu revenais sans doute d’une de tes virées habituelles. La vie avait alors repris son cours, je me suis senti rassuré et tout allait bien…

Ronan L.B


Une flèche en or fatale !

Cette année, le Championnat de France de sarbacane s’est déroulé à Villefontaine (banlieue de Lyon) du 12 au 14 octobre 2018. Accompagnés de Sylvie, nous avons rejoint Le club Trégor Sarbacane à Saint-Brieuc, et nous avons fait le voyage ensemble dans un bus aménagé. Le départ très tôt le matin a nécessité pour nous lorientais une nuit étape hôtel à Saint-Brieuc, dans une chambre malheureusement pas adaptée. Pour parcourir ce trajet de 875 km, nous avons mis 14 heures. C’est très long et fatigant, j’ai dormi un peu et regardé des vidéos sur l’écran du bus.

Après avoir repéré la salle de sport où aura lieu la compétition, nous nous sommes installés à l’hôtel. Malgré un bon accueil, les chambres proposées n’étaient encore là, pas adaptées : salle de bain trop petite avec une marche pour accéder à la douche, des toilettes sans barre d’appui, un lit confortable mais pas de possibilité de poser mes affaires à proximité… Le lendemain un petit déjeuner copieux et convivial nous attendait… place à la compétition…

Le tournoi a commencé à 11heures le samedi, j’ai remporté la première manche, j’ai fait égalité à la deuxième et la flèche en or* (cible du haut) m’a été fatale… Toujours le même problème, le contrôle du stress… L’après-midi, j’ai joué la consolante*, en deux manches que j’ai remportées. Je suis satisfait de ce week-end de compétition, mais il faut que je maîtrise encore plus les tensions provoquées par la compétition. Rendez vous l’année prochaine pour, peut-être, être cette fois sur la plus haute marche.

*En cas d’égalité parfaite, les compétiteurs  se départagent avec la flèche en or : tirer flèche par flèche jusqu’à ce qu’un tireur marque plus de points que son concurrent.

*Les non qualifiés du tir de qualification se retrouvent dans une consolante.

Maxime Le S. déc 2018

Pour l’accessibilité à Lorient…

L’APF (Association des Paralysés de France) a organisé ce rassemblement, au centre ville, pour dénoncer la loi Elan* qui est entrée en application en septembre 2018. Elle concerne l’accessibilité des logements et la revitalisation des centres-villes avec un mot d’ordre : “accéder7exister”. Nous nous sommes retrouvés sur la place Aristide Briand, munis de nos pancartes représentant le pictogramme d’une personne en fauteuil : verte pour les boutiques accessibles, orange pour celles en cours d’aménagement, et rouge pour les commerces qui n’ont aucune intention de ne rien faire et préfèrent payer une amende.

source : Le Télégramme

Nous arrivons devant d’un célèbre magasin de beauté et de soin du corps, 3 marches nous accueillent. Nous interpellons les vendeuses et leur demandons comment faire pour choisir et acheter un produit. Elles nous proposent très simplement de les apporter sur le trottoir et la transaction se fait également dans rue. (pancarte rouge )

source : Le Télégramme

Plus loin une banque, avec un aménagement prévu mais impraticable pour une personne en fauteuil seule…

Certains commerces disposent de pan incliné, installé à la demande, plus ou moins sûr : trop étroit, parfois bancal… les lignes podotactiles sont quasiment inexistantes à l’entrée des magasins…

Nous avons trouvé des sites accessibles : une boulangerie rue de la Patrie et une cave à vin où toutes les conditions sont réunies : rampe d’accès, espace suffisant pour faire une manœuvre dans l’établissement… et nous avons délivré des panneaux verts à la plupart des cafés des environs.

source : Le Télégramme

Il reste énormément de travail à faire pour que nous puissions être tous égaux à l’accessibilité des commerces et des bâtiments recevant du public. Les pouvoirs publics restent malheureusement en retrait, et font voter des lois qui ne sont pas appliquées…

Nous demandons juste à’ être considérés comme citoyens normaux…

Manifestation du 17 octobre à Lorient

*Loi Elan : les députés ont adopté, vendredi 1er juin 2018, l’article 18 de la loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), qui ramène de 100 % à 10 % la part des logements neufs devant être obligatoirement accessibles aux personnes handicapées.

Un peu d’histoire

La loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » a imposé l’accessibilité à tous les Établissements recevant du Public – ERP. Le pourcentage des personnes à mobilité réduite est estimé à environ 20 % de la population.

L’accessibilité s’entend à l’intérieur comme à l’extérieur de l’ERP, que ce soit les places de stationnement, les rampes d’accès, la largeur des portes, les ascenseurs, les sanitaires…

Ordonnance du 26 septembre 2014 : les ERP non conformes ont un délai de douze mois pour déposer en mairie un Ad’AP (agendas d’accessibilité programmée) détaillant les travaux qu’ils s’engagent à réaliser et leur montant.

En cas d’absence de dépôt d’agenda d’accessibilité programmée : des amendes sont prévues par la loi allant de 1 500 à 45 000 euros

Nathalie M. octobre 2018

L’Océanis : show devant…

L’Océanis à Plœmeur a accueilli la scène ouverte des structures médico-sociales de la Mutualité 29/56, le 18 avril 2018. D’année en année, l’affluence augmente, ce qui est une signe de vitalité et d’envie de création de la part des résidents et de leurs accompagnateurs. En effet plus de 400 personnes ont fait le déplacement vers le Morbihan pour assister, encore une fois, à ce spectacle si particulier et original puisqu’il met en scène des personnes handicapées. De la poésie, de la sensibilité, du courage, de la joie de partager ou tout simplement le bonheur d’être là, composent les ingrédients de cette après midi très réussie.  01 photo Défilé de mode : l’IEM Ar Men – Plœmeur.

C’est l’Institut d’Education Motrice d’Ar Men qui a ouvert le « bal » avec un défilé de mode très original. Les créations ont été réalisées par les ateliers Idées Détournées de Lorient. Cette association, née à Lorient en 2007, a pour objet de favoriser « l’expression de la diversité culturelle, de la mixité sociale, de l’intergénérationnel…  l’association s’inscrit en particulier dans le champs du développement durable… ». Ensemble de carton, robe bio-déchet, tunique à fleurs de bouteilles en plastique, capsules de café, gobelets jetables… ont fait sensation et étonné le public tant par la beauté des réalisations, que par l’ingéniosité des conceptions. La prestance des modèles ont mis en valeur la présention de ce défilé de mode « du prêt à jeter, au prêt à créer!». Parallèlement à cela, la question sur notre façon de consommer se pose, et met en lumière la responsabilité des consommateurs que nous sommes, face aux achats et aux déchets qu’ils engendrent.  L’IME  Ar Men a reçu le Premier Prix.  02 photoMenez Roual de Dirinon a présenté son groupe musical. L’ensemble composé de 5 personnes et de Jérome, l’animateur, a interprété des morceaux de musique du répertoire actuel. Chaque membre a participé selon ses moyens et sa sensibilité : percussions, youkoulélé, guitare et chant.  
L’Accueil de Jour et l’Hébergement du Foyer Soleil ont proposé deux scénettes mettant en situation nos déboires avec le téléphone. Marie-Chantal (Valérie ) lance une invitation pour rencontrer son nouveau voisin Georges (Gwendal), mais tout ne se passe pas comme prévu…  Réda est au prise avec une boite vocale particulièrement têtue (Maxime). Belle performance des acteurs et des « metteuses en scène », qui se sont servis de la réalité pour nous faire rire.03 photoLe foyer de Jean Couloigner s’est mis en scène avec son groupe de danse, avec la participation des jeunes du lycée du Cleusmeur, partenaire du foyer de Ploudaniel.  Rorh-Mez s’est fait remarquer par une prestation de danse très réussie sur le thème de la mer. Le spectacle débute avec, en fond sonore, la voix de chaque résident qui dit « son  mot » illustrant le thème. La dominante bleue des costumes et de cette longue toile mouvante, représentant la mer, le mouvement des vagues et son écume, a conquis le public et le jury, qui lui a décerné un prix spécial. Les danseurs ont communiqué leur bonheur de présenter leur travail, certains avaient même du mal à quitter le plateau.
SAVS de Landerneau et de Lorient, Erwan Tanguy (clarinette) et Sébastien Le Moigne (synthétiseur) sont des habitués de la scène ouverte, ils ont interprété des airs du répertoire de la musique celtique.  
Pen ar Prat quant à eux nous ont  réjoui par leur chorégraphie. Tout de blanc vêtu, certains marchant d’autres en fauteuil, les danseurs ont occupé tout l’espace de la scène pour mieux se retrouver au centre de celle ci. Pour finir cette première partie, une scénette de théâtre, jouée par les résidents de Pen ar Prat a conclu cette première partie avec un invité surprise sous la couverture du canapé.
04 photoFerme les yeux et regarde…
Neuf résidents de centres du Finistère (six danseurs et trois musiciens) ont répété plusieurs mois, avec le DJ Blutch et le chorégraphe Erwann Hassey, ce spectacle original, conçu sur de la musique électro. Ce grand moment, où les surprises succèdent aux surprises, nous a fait découvrir un univers où la danse et la musique s’accordent avec brio. Nous avons été « bluffés » par tant de créativité de beauté et de sensibilité poétique. Ce spectacle a le projet de tourner dans les théâtres de Bretagne et peut être plus loin, souhaitons leur de rencontrer le succès, cette troupe a vraiment beaucoup de talent…  Sur scène, les différences s’atténuent…

05 photo06 photoUn éclairage particulier a été porté pour remercier Marie, une des chevilles ouvrières (de l’ombre) des Scènes Ouvertes, pour son implication sans concession dans l’organisation de cette manifestation culturelle. 2018 est en effet sa dernière participation officielle, mais pas de panique, Marie prévoit de s’investir bénévolement, pour la continuité des Scènes Ouvertes.
Alors Rendez-vous l’année prochaine dans le 29…

07 Marie
Marie à l’honneur entourée de Patrick Rohou (responsable de la commission culture), de Julien et de Nathalie Croiger-Jaouen (Directrice de l’activité Personnes en situation de handicap).

Nathalie M.

scène ouverte 2018 after movie You Tube :