Archives pour la catégorie Coupe du Monde foot fauteuil 2017

Un groupe exceptionnel !

photo 01 L'équipe de France de Foot FauteuilL’équipe de France de Foot Fauteuil – Kissimmee, États-Unis – juillet 2017.
source : Fédération Française Handisport

Bonjour Bernard
Bonjour Julien, très heureux de ce retour en France, et de te rencontrer à nouveau pour un  interview.  Je te remercie beaucoup de m’avoir appelé tout de suite…
Et quelle interview… interviewer un Champion du Monde, c’est vraiment énorme…

Qu’est qui a changé par rapport à la Coupe du Monde 2007 et à celle de 2011 ?
En 2007, on était déjà en finale contre ces mêmes américains, on avait perdu au penalty, alors qu’on méritait de gagner… En 2011, on est un peu passé au travers. On a eu plein de soucis lors la préparation, ça n’a pas mis forcement l’équipe en confiance. On a quand même pas fait une mauvaise coupe du monde, puisqu’on est allé jusqu’en demi-finale, les américains étaient à ce moment là plus forts que nous…
Ce qui a surtout changé, et pour la première fois, tout le monde a exactement le même matériel. Auparavant il y avait une grosse différence entre certaines équipes, certains joueurs avaient des fauteuils plus puissants, et ça se ressentait sur les matchs. Hors pour cette Coupe du Monde, toutes les équipes sont sur le même pied d’égalité, donc c’est réellement la philosophie du jeu et la préparation qui font la différence. Sans parler de revanche, les américains ont gagné par 2 fois cette Coupe du Monde, c’était vraiment une belle opportunité d’aller la chercher chez eux.
Depuis l’Euro 2014 en Irlande, on savait qu’on avait un groupe exceptionnel. Malheureusement il y a eu le décès de Pika (Jérôme Durand), on devait cherché un joueur pour le remplacer. Je savais depuis longtemps ce qui nous faisait défaut : on est très solide défensivement, mais il nous manquait plus de punch en attaque, avec un joueur capable transformer les occasions en but. On a réussi à trouver ce joueur, Tristan le Beller qui joue à Kerpape. Il évolue au poste de défenseur dans son club et on lui a demandé de se transformer en attaquant. Il a rempli ce rôle à merveille et inscrit 14 buts en Coupe du Monde ! C’est un excellent joueur avec une super mentalité, il n’a que 17 ans et encore plein de progrès à faire. A ses cotés, Momo (Mohamed Ghelami) le stratège. Ce  joueur a tout gagné cette saison avec son club de Auch : la Ligue des Champions, le Championnat de France, la Coupe de France, il est aussi Champion d’Europe des Nations (2014) et maintenant Champion du Monde. En défense, Bryan Weiss, un joueur exceptionnel, et dans les buts, Sylvain Malard le meilleur gardien du monde…  On a fait une préparation très sérieuse, malgré des matchs amicaux qu’on aurait aimé plus relevés, on était largement au-dessus. Tous ces matchs préparatoires ont permis à l’équipe de trouver des automatismes, de se souder, de connaître ses forces et ses faiblesses et de jouer la dessus.

2017 FIPFA World Cup. Photos Copyright 2017 Scot Goodman.

« Momo le stratège… et meilleur buteur de la compétition. »source : Scot Goodman
photo 03 Tristan le beller « Tristan le Beller : un excellent joueur avec une super mentalité. »
source : Fédération Française Handisport

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The big duel

01 sèbVendredi 4 novembre 2011 – 20 heures – halle Carpentier Paris, Demi finale : France/USA

Voilà nous sommes en demi-finale face aux Etats-Unis. Après avoir fait une sieste, les hommes de Bernard se sont coupés du monde. La pression monte dans la halle Carpentier, les supporters se massent dans les tribunes, et aux alentours du terrain. La Marseillaise est chantée à l’unisson, tout était prêt pour une victoire française. Les joueurs des deux équipes se rassemblent au stand du contrôle de vitesse, contrôle effectué systématiquement avant chaque compétition.
Après la présentation des équipes, la composition de l’équipe de France est annoncée sur le terrain : Sylvain Malard dans les buts (Lorient), Anthony Bastien (Lorient), Jérôme Durant (Atlanta) capitaine de l’équipe de France, Brahim Sebiane (Chatenay).

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  Ca commence par une pression des USA sur le camp français. Après 5 minutes de jeu, un coup franc est sifflé pour les américains, il est tiré. Dans la surface de réparation il y a eu un « jeu arrière » de Jérôme Durant, qui dans l’action défensive est percuté par Michaël Archer, qui ne semble pas conduire un fauteuil mais un « Caterpillar ». L’arbitre sanctionne la faute par un penalty généreux, tiré par le capitaine Michaël Archer, qui après deux essais met le ballon au fond de la cage tricolore (la première fois, le gardien  français est parti avant le coup de sifflet de l’arbitre). Une belle occasion de but pour la France, à l’initiative Brahim Sebiane, a donné de l’espoir au «kop » français, de revenir au score avant la mi-temps… quel dommage.  
 
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 La deuxième période est électrique, le camp français essaie de réagir et court après l’égalisation. Les américains résistent avec un bloc défensif et mettent en place un jeu physique qui ne permet pas à l’équipe de France de s’approcher du camp à la bannière étoilée. Sur la même tactique de jeu, ils veulent se mettre définitivement à l’abri et inscrire un deuxième but. Bernard fait rentrer Vincent Le Quellenec et Yousef Ayad, c’est beaucoup mieux. Le jeu côté français est plus adapté, et répond mieux aux attaques musclées des adversaires. Les français dominent les américains qui font des fautes. Mais l’arbitre de la rencontre semble avoir son parti pris, et laxiste, toujours en faveur des Yankiees : impossible de les faire reculer dans le périmètre des 5 mètres requis, lorsque la faute est sifflée pour la France.    
Le public exclame bruyamment son mécontentement. Sur le banc français, Bernard est excédé par cette interprétation du règlement, et rentre sur le terrain, il est prié fermement par le 4ème arbitre de réintégrer son périmètre. Drôle d’atmosphère dans la salle omnisports en cette soirée de demi-finale de coupe du monde.

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A quelques minutes de la fin, après un changement français et encore une surprise de la part de l’arbitre, les américains inscrivent un deuxième but. Le camp français est foudroyé, il sait qu’il ne pourra plus jamais revenir au score, et que la finale, tant espérée, se ferme définitivement. Le public accuse le coup mais ne lâche pas leurs héros.
Au coup de sifflet final, les gagnants de la partie étaient contents mais pas dans l’excès, tous les joueurs français pleuraient. J’ai vu l’arbitre de la partie taper dans la main du coach américain, bizarre !!!
La fin de match laisse un goût amère, les supporters partagent la tristesse des tricolores, le terrain est envahi par le public, qui est venu leur dire merci pour le beau jeu, merci pour la joie et le rêve qu’ils nous ont apportés, merci pour la disponibilité qu’ils nous ont accordée, merci pour les bons moments qu’on a passés avec vous…   
C’est la force qui a gagné sur le jeu, Merci encore Bernard et à ses hommes… et surtout à l’arbitre.

Séb L B.
Paris : novembre 2011

On n’y sera pas…

Six ans après la seconde Coupe du Monde de foot-fauteuil à Paris en novembre 2011, où nous avons suivi de bout en bout les nombreux rebondissements de la compétition, et pour fêter comme il se doit cette tant attendue 3ème édition, qui se joue à Kissimmee aux États-Unis du 5 au 9 juillet, nous vous proposons de revenir sur notre très belle expérience et de découvrir ou de redécouvrir 2 articles qui ont constitué notre numéro spécial Coupe du Monde du Canard Ensoleillé version papier, paru en 2012.

On y était…nico-1Le mardi 1 novembre, nous sommes arrivés à Paris, à Saint Maurice, qui se situe à 3 kms de la porte de Bercy et à 6 kms de la Halle Carpentier, site de la 2ème Coupe du Monde de foot fauteuil. Nous nous sommes installés dans notre « Appart’hôtel » : Sèb dans une grande chambre pour lui tout seul, Julien et moi dans une autre quant à Xavier et Thierry, ils ont dormi dans la salle commune (cuisine, salle à manger et salon). Nos fenêtres donnent sur l’autoroute A4, et sur la Seine. Le bruit de la circulation incessante ne nous a pas gênés grâce aux doubles fenêtres isolantes.
 
Une bonne entrée en matière.

Le lendemain, nous sommes allés faire les courses de la semaine au super-marché. Il n’a pas été facile de faire les menus, car nous ne sommes pas toujours d’accord. A 16 h 30 nous avons garé « le master » dans l’enceinte du complexe sportif Carpentier : bonne surprise, pas de problème de parking. En arrivant dans la salle, nous avons été surpris par sa grande dimension, les drapeaux de toutes les nations engagées sont suspendus au-dessus du terrain principal. Les gradins pour accueillir le public sont disposés en face de l’aire de jeu. Les loges sont aménagées sur la longueur du terrain, pour accueillir les officiels et les partenaires. Nous sommes impressionnés par ce décor, annonçant la plus grande des compétitions internationales de foot fauteuil. Nous avons pu nous placer au premier rang, juste derrière le but, non loin du banc des entraîneurs. Après un peu d’attente, la salle se remplit, les équipes se réunissent avant la cérémonie d’ouverture. Nous sommes heureux et fiers que Bernard vienne nous saluer, et s’adressant au groupe : « je vous ai repérés… Nicolas je t’entends de là-bas… », preuve que nous sommes venus encourager les Tricolores.

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Et voilà, la cérémonie débute : la deuxième Coupe du Monde vient de commencer. Après un discours officiel, des pom-pom girls, légèrement vêtues, ont fait un spectacle d’acrobatie et de danse sur des musiques très rythmées un peu à la « Rocky ». Le public a apprécié cette entrée en matière. Pour la présentation des équipes, nous étions bien placés, on les sent déjà tous concentrés. Les australiens arborent une coiffure aux couleurs de leur pays : vert et jaune. Lorsque l’hymne national retentit, toute la salle s’est levée, Julien l’a bien chanté, Séb en ouvrant grand la bouche, quant à moi : j’ai du mal à le chanter… On ressent de la tension dans la salle, une ambiance toute en retenue, la ferveur du public n’est pas encore au rendez-vous.

le match d’ouverture se profile, la France affronte la Belgique, mais surprise, le terrain « a dérapé »… la matière synthétique, matérialisant le terrain, n’a pas résisté aux premiers assauts des puissants moteurs des fauteuils électriques. Le tiers de l’aire de jeu est dégradé par des plis et des vagues. Après hésitations, plusieurs tentatives et beaucoup de discussions, un appel à tous les bénévoles est lancé pour venir retendre la surface du terrain. Le match peut enfin commencer, notre coach national piaffe d’impatience d’en découdre. Les Tricolores commencent à avoir sérieusement la pression, et semblent être crispés face à une terrible défense belge, composée du virevoltant Piotr Van Montagu et de la redoutable gardienne Tiffany Paquet. La France a du mal à entrer dans le match. Les nouvelles règles internationales perturbent les deux équipes, mais obligent à ouvrir le jeu. Peu à peu la France prend la maîtrise de la partie, après le premier but marqué par Brahim. Anthony libère les Bleus en inscrivant le but de la victoire, mettant la France à l’abri. L’attaque nous a semblé un peu faible par rapport aux replis défensifs. Est-ce volontaire de la part de l’entraîneur de ne pas montrer toutes ses armes ?

Le football c’est la fête…

Jeudi 3 novembre, 10 matchs de poules au menu, dont le France/Australie, le France/Irlande et l’entrée en compétition des tenants du titre. Les américains face au japonais nous ont beaucoup impressionnés par leurs jeux physiques et notamment par leur meneur Michael Archer, qui de l’avis du public est le meilleur joueur de foot-fauteuil du monde. La France écrase la jeune et prometteuse équipe d’Australie 7-0, et la valeureuse équipe d’Irlande 12-0. Une équipe de France toujours très efficace dans sa défense, qui même en face d’équipes de faible niveau, produit du beau jeu, sans humilier l’adversaire. De nombreux groupes scolaires ont été invités à venir découvrir ce sport, les enfants ont vite été captivés par les différents matchs. Les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre de la musique aux pauses (entre les matchs et aux mi-temps), ce qui a beaucoup plu aux jeunes spectateurs qui ont chanté et dansé pendant ces temps morts. Tout le monde se parle, de nombreux « Foyers » de France, de Belgique et même de Suisse sont venus encourager leur équipe nationale et surtout faire la fête au foot-fauteuil… Quelle ambiance!!!

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Tous solidaires !

Vendredi 4 novembre. Une belle et longue journée se profile devant nous, avec la fin des qualifications et en point d’orgue, les deux demi-finales qui s’annoncent prometteuses. Malgré notre enthousiasme, et notre organisation sans faille, nous arrivons à la fin de la première mi-temps de France-Canada (bouchons sur le périph’). A la fin du temps réglementaire les Tricolores n’ont fait qu’une bouchée des « Pancakes à roulette » : 3 à 0. Sur le terrain voisin, la première grosse surprise de ce mondial : les États-Unis sont battus 1 à 0 par les britanniques. La stratégie du camp français qui selon nos informations, était d’en découdre avec les américains en finale, mais cette éventualité de les rencontrer en demi-finale, a bien sûr été étudiée par la sélection française.

La première demi-finale a vu les anglais dominés d’un petit but les belges, qui n’ont pas démérité. La redoutable gardienne des « Diables Rouges » a encore fait des exploits, à trois minutes de la fin des prolongations, sous l’assaut des anglais, elle a concédé un but. Chapeau Mlle Tiffany Paquet!!!

20h00, l’heure de vérité ! Les supporters français sont présents. Les drapeaux « bleu, blanc, rouge » fleurissent dans les tribunes et sur les abords du terrain. Nous avons tous chanté la Marseillaise à l’unisson, je me suis entraîné toute la semaine et je suis assez content du résultat…. tout est prêt pour une grande et belle victoire française et puis PATATRAC… 2-0 pour les U.S.A qui ont dominé « nos Bleus » par le physique et par notamment Michael Archer qui bien connu du camp français a encore fait beaucoup de dégâts. Du coté de l’arbitrage, tout le monde a ressenti un malaise, une incompréhension sur la façon dont est appliquée la nouvelle règle « du deux contre un ». Les supporters n’ont jamais faibli, ils ont été toujours là pour pousser leur équipe, jusqu’à la dernière seconde du match. Au coup de sifflet final, nous avons tous applaudi nos joueurs. Toute l’équipe de France est en pleurs au centre du terrain, de nombreux supporters sont venus spontanément les rejoindre pour les réconforter. C’était un grand moment de solidarité.

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L’honneur est sauf.

Dimanche 6 novembre. Nous sommes arrivés en fin de matinée à la halle Carpentier, pour cette dernière journée, qui verra le sacre du prochain Champion du Monde de foot-fauteuil. Une ambiance de folie dans les rangs des supporters suisses qui font office de chauffeurs de salle. Tout à coup une onde de bonheur et une rumeur de joie se propagent dans le gymnase, les matchs de classement opposant la Suisse et l’Irlande, le Portugal et l’Australie, le Japon et le Canada ont clôturé cette matinée. Peu importe le score, ils ont tous gagné « leur Mondial », et célébré avec leurs supporters la victoire du Foot Fauteuil …

nico-11 13h30, le match comptant pour la 3ème et 4ème place : France/Belgique. Ironie du sort, la France commence le tournoi contre la Belgique, et le termine contre la même équipe. Beaucoup de monde encore en cette après-midi, le week-end a vu un afflux de spectateurs venus spécialement pour assister à la finale. L’ambiance est énorme, le grand orchestre d’Evry a joué les hymnes nationaux des pays encore en course. Bien que marqué par la défaite de la demi-finale, Antho est motivé pour aller chercher cette 3ème place. Sur le terrain, les Bleus semblent plus libérés, plus relâches. Les enchaînements sont plus fluides, ils ont fait honneur à leurs couleurs. En battant la Belgique 2 à 1, Bernard et ses hommes sont fiers de leur 3éme place.

nico-12 Le règne Américain…

À 15 h00 la finale oppose les USA, les tenants du titre, et l’équipe surprise l’ANGLETERRE. Les hymnes nationaux retentissent dans une salle comble. Les équipes se saluent, signes de fair-play et de respect des règles du jeu. Les supporters des deux nations se sont appropriés les espaces dans un esprits d’entente cordiale. Comme à Amphil Road, Le kop anglais par leurs chants transcende leur équipe, et nous donne la chair « de Liverpool ». Les américains nous paraissent en très grande forme, mais tout est possible jusqu’au coup de sifflet final. Rapidement ils dominent les débats, et ne laissent aucun répit à l’adversaire. Ils plantent une première banderille juste avant la mi-temps. A la reprise, les anglais essaient de revenir au score, les supporters y croient, et poussent leur équipe. Les américains plus expérimentés, asphyxient peu à peu les « britishs » qui résistent tant bien que mal. Le « fighting spirit » n’est pas une légende. Finalement, le Capitaine Michael Archer propulse l’équipe à la bannière étoilée sur la première « rampe », et la Coupe du Monde, pour la deuxième fois, leur tend les bras. Ce même Archer donne le coup de grâce en inscrivant un somptueux 3ème but.

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Ce que j’ai apprécié le plus, ce sont les rencontres chaleureuses avec les supporters des différentes nations. J’ai pu discuter avec les belges, être pris en photo avec les australiens, les portugais et même avec les américains. Les charmantes bénévoles étaient toujours à notre écoute, et nous avons lié des sympathies avec certaines d’entre elles.
Du côté sportif, la compétition était très intéressante avec cependant des niveaux plus ou moins élevés selon les pays. J’ai remarqué, que l’Australie et le Canada seront pour la prochaine Coupe du Monde, des équipes sur lesquelles il faudra compter.
Cette compétition internationale organisée par la Fédération Française de Foot-fauteuil, est une grande réussite. Il y a eu beaucoup de monde sur les différentes journées. Bravo aux organisateurs d’avoir mobilisé les scolaires des environs, pour venir découvrir ce sport et mettre de l’ambiance avec leurs chants et leur chorégraphies : « Corde à sauter hé ! Hé ! Corde à sauter doucement… »

nico-18nico-19 nico-17Merci à Bernard de nous avoir accordé du temps, en venant régulièrement nous voir pour parler et échanger nos impressions. J’ai vécu un magnifique séjour, rempli d’émotions, de tristesse avec l’élimination de notre équipe mais surtout avec le bonheur et la joie d’être là.

Nicolas K.
Aidé par Julien P.
Paris : novembre 2011

 

SUIVEZ LA 2017 FIPFA WORLD CUP EN DIRECT !

 Vous ne manquerez rien des 33 matchs de la Coupe du Monde de Foot-Fauteuil et des émissions spéciales proposées par les 2 webTV amies Power Soccer Shop TV et PK Sport TV, tous les jours en direct du 5 au 9 Juillet.

Et pour accompagner l’équipe de France tout au long de son parcours aux États-Unis, l’équipe du Canard Ensoleillé met à votre disposition les tableaux des matchs de pool et des phases finales de la Coupe du Monde de foot-fauteuil 2017. N’hésitez pas à les télécharger et à les imprimer…

USA : heure locale
HF : heure française

L’équipe de Rédac’
juin 2017

Fichier pdf ci-dessous:

matchs de pool

phases finales

tableau des points 

équipe de france 

 

S’inscrire dans la continuité…

la veille de décoller pour la Floride, à Kissimmee, où va se jouer la troisième Coupe du Monde de foot fauteuil du 3 au 10 juillet 2017, Bernard Berthouloux, sélectionneur et entraîneur de notre équipe nationale s’est arrêté au 26 rue de Kersabiec, et a répondu aux questions concoctées par Julien, notre interviewer maison. 

Bonjour Bernard, merci de répondre à cet interview pour le Canard Ensoleillé, sur la prochaine Coupe du Monde qui va se dérouler prochainement en Floride. 

Salut Julien, merci une fois de plus de m’inviter à parler de l’équipe de France, je suis  ravi de répondre à tes questions. 

La prochaine Coupe du Monde va bien se dérouler en Floride en juillet 2017. C’est tout proche maintenant, on attend avec impatience le départ et d’être sur place et advienne que pourra… 

01 équipe de franceL’équipe de France est en stage de préparation à Amiens du 26 février au 5 mars 2017.  crédit photo : handisport.org

Pourrais-tu rappeler la liste des joueurs sélectionnés ? 

Dans la liste des joueurs sélectionnés il y a en majorité le groupe qui a été Champion d’Europe en 2014 en Irlande. On a fait le choix cette année, d’envoyer deux gardiens, c’est une première. Nous avons donc pris : Sylvain Malard qui joue à Auch et Marie Battistella qui évolue à Toulouse dans le but. En défense : Erwan Conq de Brest, Julien Reniers qui joue à Villeneuve d’Ascq et Bryan Weiss de Grafteaux dans le nord de la France. Le milieu de terrain est tenu par Mohamed Ghelami de Auch, par Tristan Delmas de Toulouse et par le petit dernier, Tristan Le Beller de Kerpape. Il est arrivé il n’y a pas si longtemps, s’est imposé immédiatement dans ce groupe et a confirmé depuis. En plus on le fait jouer à un poste dans lequel il n’évolue pas habituellement en club. On ne pouvait pas ne pas l’amener à la Coupe du Monde avec nous, je pense que ce joueur est un atout supplémentaire pour notre équipe.

Comment avez-vous préparé cette troisième Coupe du Monde ? 

On a eu la chance de faire deux rencontres contre l’Argentine lors d’un stage à Limoges. Les argentins sont venus se préparer en France, ils souhaitaient nous rencontrer. On a joué deux matchs amicaux contre eux, deux matchs qu’on a gagnés mais c’est logique, ce n’est pas la même échelle de valeur. L’argentine est une nation qui vient de démarrer le foot fauteuil, ils ont de bons joueurs qui sont en phase d’apprentissage, tactiquement ce n’est pas encore tout à fait au point. Ils n’ont pas le recul qu’on a sur la compétition, mais ce n’est pas grave, c’était important pour eux, c’est important pour nous de pouvoir jouer contre d’autres équipes. Sur l’avant dernier stage à Amiens, l’équipe du Danemark a fait le déplacement pour nous rencontrer. On a joué quand même quatre rencontres amicales sur deux jours et c’était intéressant, mais ce ne sont pas des nations qui sont postulantes à être dans le dernier carré de la Coupe du Monde. C’est important pour nous de jouer, de roder des mouvements, des actions de jeu, des phases arrêtées, mais en terme de niveau ça n’apporte pas grand-chose.

L’équipe de France est Champion d’Europe en titre, partez-vous avec plus de certitudes que lors des deux précédentes Coupes du Monde ?

Je n’appellerais pas cela des certitudes, je le qualifierais plutôt de continuité dans ce qu’on avait commencer à faire après la Coupe du Monde en 2011 à Paris. Cette coupe du Monde devait avoir lieu en 2015, elle a été reculée pour des raisons financières en 2017. A un moment donné on a même cru qu’elle n’allait pas se faire et puis entre temps on a eu la chance d’avoir ce Championnat des Nations en 2014. Ça nous a permis de préparer quelque chose, les joueurs sont tous des compétiteurs, moi c’est ce que j’aime aussi, donc faire des stages pour faire des stages c’est bien mais quand il n’y a pas d’échéances à préparer c’est moins intéressant. Cet Euro nous a permis  d ‘évaluer notre valeur. On a quand même rencontré l’Angleterre qui est vice-Championne du Monde, ce n’est pas rien, et puis on a réussi à être Champion d’Europe. Maintenant on s’est inscrit dans une continuité au niveau de l’électif en rajoutant des joueurs qui peuvent apporter un plus à ce groupe. Je pense qu’on a fait vraiment une très, très bonne préparation.  

Après, pour ce qui est de cette Coupe du Monde, on sait que ça va être compliqué, parce qu’elle se joue au États-Unis, le pays qui est deux fois Champion du Monde, qui va forcement nous attendre, qui va jouer sur ses terres, qui est venu nous battre chez nous. Notre plus grand rêve c’est d’aller la chercher chez eux. Une Coupe du Monde c’est très, très aléatoire, ça dépend de plein de choses, il peut toujours se passer des petits faits au dernier moment qui peuvent déstabiliser un groupe . En tout cas on a essayé de mettre le groupe dans les meilleurs conditions possibles. Maintenant il va falloir être très fort sur le terrain, je pense qu’il va y avoir de la pression, c’est évident…

02 bernard et Julien

Quand tu parles de pressions, est-ce que le fait que ce soit chez eux, les américains se rajoutent une pression supplémentaire ? 

C’est évident, j’ai réussi à avoir quelques échos, c’est tout à fait ce dont ils craignent. C’est plus compliqué de jouer à domicile, on l’a vécu à Paris. On s’est peut-être laissé dépasser par les événements, on ne s’attendait pas à avoir tant de monde à venir assister à ces rencontres, ça a beaucoup impressionné les joueurs. Maintenant on est prévenu de tout cela, il y aura certainement autant de monde aux États-Unis, il va falloir affronter tout cela, la différence c’est qu’on ne sera pas chez nous, il y aura peut être un peu moins de pression, mais ça fait tellement de temps qu’on l’attend cette coupe du monde. C’est la troisième, et ça fait deux fois qu’on passe à côté, il va falloir gérer tout cela avec les joueurs. Il y a une chose qui nous avantage, sur le papier du moins, c’est le tirage au sort des pools. On est tombé dans une pool compliquées d’entrée de jeu, alors que les américains ont tiré une pool largement à leur portée. On va déjà être obligé de batailler, de rester concentré sur tous les matchs, on n’aura pas un match facile. Comme on leur a expliqué plusieurs fois, une Coupe du Monde se gagne à huit, et se perd à huit… on aura besoin des huit joueurs, et faire que tout le monde soit concerné jusqu’au bout. Cette année la différence qu’il y a avec les deux dernières éditions, c’est qu’il y a des quarts de finale, c’est intéressant parce qu’il y a un match de plus à devoir gérer avant d’être dans le dernier carré, et c’est primordial, c’est encore le côté un peu plus excitant de l’aventure.

Je reviens sur l’aspect tactique, est ce que tu as trouvé le joueur pour contrer Michael Archer ?

Michael Archer, à chaque fois on nous parle de lui… Sur internet on a visionné quelques matchs de la phase finale du Championnat Américain. Ce n’est pas un Michael Archer qu’ils ont, mais deux ou trois… Nous avons des forces qu’on n’avait certainement pas à Paris en 2011, j’en suis plus que convaincu. On a des joueurs qui ont une autre mentalité, qui n’ont pas disons, gagné avant de jouer, ce groupe je le sens vraiment costaud. Je n’affirmerai pas qu’on sera Champion du Monde, j’affirme qu’on fera tout pour être en finale…

L’équipe de France a-t-elle gagné en maturité et en professionnalisme ?

Le groupe est beaucoup plus jeune qu ‘en 2001 mais tous les joueurs jouent des finales de coupe de France, des ligues des champions, se disputent le titre de champion de France tous les ans…  ils  sont habitués à gérer des matchs où il y a de la pression. 

Ce qui est exceptionnel, on a un joueur qui vient d’une autre planète… il n’a que 18 ans, mais en deux ans, entre l’Euro et la Coupe du monde il a pris une maturité énorme. Ce qui est génial, en équipe de France, il sait faire jouer tout le monde, on a réussi à lui faire comprendre qu’il ne pouvait pas faire la différence à lui tout seul. J’espère que ça va être sa Coupe du Monde, qu’il va montrer au monde entier que c’est le meilleur joueur de foot fauteuil au monde parce qu’on a notre « Messi » à nous dans cette équipe…

Le groupe est très homogène et très complémentaire. On a beaucoup plus de possibilités de faire tourner l’équipe qu’on en avait en 2011 à Paris. C’est important sur une compétition qui dure que 5 jours, où les matchs s’enchaînent, qu’il faut penser aux temps de récupération et gérer les moments de décompression… 

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Est-ce qu’un cuisinier va vous suivre au États-Unis, ou allez-vous manger à l’américaine ?

Non, on va manger à l’américaine, on ne va pas quand même se permettre d’amener un cuisinier avec nous, on va faire très attention.. On arrive 4 jours avant le début de la compétition, on va d’abord débarquer à Atlanta, où des amis américains qui supportent l’équipe de France nous accueillent. On va faire une dernière préparation avant de rejoindre la Floride. Sur le site de la Coupe du Monde, on aura un entraînement à huis clos d’une heure et demie et un autre d’une heure et demie également ouvert au public. Après les classifications, on entre dans le vif de la compétition, le premier jour on joue 2 matchs de pool, puis 2 autres le deuxième jour, les quarts de finale vont s’enchaîner, les demi suivies de la finale … ça va passer très vite… 

Quoi qu’il arrive ça sera ta dernière compétition avec l’équipe de France ? 

Oui c’est clair, c’est vraiment sûr et certain, quoi qu’il arrive, qu’on soit Champion du Monde, ou qu’on ne le soit pas c’est la dernière…. Après, j’arrête, c’est annoncé, au niveau de la commission foot fauteuil et de la Fédé, j’arrête c’est sûr. Je continuerai avec Lorient, mais l’équipe de France se sera fini.  

Est ce que tu connais déjà le nom de ton successeur ?    

Les joueurs et la Fédération ont toujours adhéré à notre projet, d’ailleurs c’est aussi elle qui nous a demandé de continuer après le semi-échec de 2011. Ça veut dire que la Fédération avait confiance en ce qu’on faisait et il ne faudrait pas tout jeter. Il y a des bases qui ont été posées, après le sélectionneur qui viendra, peut-être qu’il travaillera complètement différemment, c’est lui qui verra. 

Mon successeur, non je ne le connais pas. Le directeur sportif de la commission Franck Croullière , arrête aussi après la Coupe du Monde, c’est le nouveau directeur sportif qui va décider dans sa nouvelle commission avec qui il souhaite travailler. On en a parlé avec Franck, il faut absolument lui glisser quand même un nom à l’oreille, après il en fera ce qu’il voudra. J’aimerais bien que ça s’inscrive dans une continuité… 

J’ai commencé comme adjoint de Jean-Luc Feydit en 2007, après j’ai pris le poste de numéro un dans la sélection. Il y a eu 2011 à préparer, puis le Championnat d’Europe des Nations en 2014 et la Coupe du Monde 2017. Je me dis que si je ne la gagne pas ce coup ci, je ne pense pas que je la gagnerai un jour, donc il faut laisser la place à quelqu’un autre. C’est une compétition qui devient de plus en plus exigeante, toutes les équipes progressent. 

A noter un changement important par rapport aux autres Coupes du Monde, où chacun venait avec des fauteuils différents, pour cette édition, toutes les équipes vont être équipées du même matériel, on va être tous sur le même pied d’égalité. 04 bernard

En parlant de fauteuil, j’ai entendu parler d’un fauteuil de compétition Suisse, l’avez-vous essayé ?  Qu’est ce que tu peux en dire ?  

je suis allé à Paris, pour tester ce fauteuil. C’est un fauteuil vraiment très chouette, il a des plus par rapport au Strike, il a aussi des moins, les deux se complètent pas si mal que ça. On l’a testé avec des joueurs, les concepteurs vont continuer à travailler les points faibles sur lesquels on leur a donné des précisions. C’est un prototype pour l’instant, en tout cas c’est un fauteuil qui a du potentiel, qui se rapproche certainement de très, très près au Strike. On ne s’attendait pas à avoir un produit aussi abouti, les fabricants ont hyper bien bossé, ce sont des gens très motivés qui veulent vraiment apporter encore des plus. Il y a une grosse différence avec ce fauteuil par rapport au Strike, il a des batteries au lithium, en une heure le fauteuil est chargé, et il pourrait peut-être pris en charge par la sécurité sociale, parce que c’est un fauteuil européen. C’est un fauteuil très intéressant dans l’avenir, donc à suivre…    

Merci Bernard de m’avoir accordé cet interview, et j’espère que pour le prochain entretien tu viendras avec la Coupe du Monde…

Interview réalisé par Julien P.
mise en texte par Thierry G.
  juin 2017

 

Groupe A : États-Unis ; Danemark ; Japon ; Argentine ; Uruguay.

Groupe B : Angleterre ; Irlande ; France ; Canada ; Australie.

Pour suivre la Coupe du Monde : http://fipfaworldcup.org/